Cet été, comme beaucoup, j'ai suivi les images de la canicule, de la sécheresse et des incendies. Des situations où quelques minutes peuvent changer complètement le cours des choses.
Face au feu, notre premier réflexe serait d'agir vite, très vite. Peut-être même dans la panique. Et pourtant, quand on observe le travail des sapeurs-pompiers, une chose frappe : ils ne confondent pas urgence et précipitation.
Ils observent. Ils évaluent la situation et identifient les risques. Ils regardent les ressources disponibles. Ils coordonnent les forces en présence. Puis ils décident.
La bonne décision n'est pas forcément la plus rapide.
Cela m'a naturellement fait penser au monde de l'entreprise. Une crise. Un conflit. Une information qui tombe. Une difficulté financière. Une décision politique qui change la donne. Une équipe qui décroche.
Et tout de suite, le même réflexe : urgence. Il faut répondre, décider, communiquer, agir.
Mais sommes-nous toujours obligés de décider immédiatement ? Dans une crise, le danger n'est pas seulement de ne pas agir. Il peut aussi être d'agir trop vite.
C'est peut-être l'une des grandes compétences du leadership aujourd'hui : savoir prendre de la distance au cœur même de l'urgence.
Le dirigeant n'est pas forcément celui qui a « la réponse ». C'est celui qui sait quand regarder, quand écouter, quand questionner, quand attendre… et quand agir. Cela vaut aussi pour les managers.
Car en situation de tension, une équipe attend rarement que son responsable ait toutes les réponses. Elle attend trois choses : un cadre, une direction et de la confiance.
Et surtout : ne pas confondre vitesse et précipitation.
Dans un monde qui nous pousse à réagir toujours plus vite, la prise de distance devient une compétence stratégique. C'est le regard que je retiens de cet été.